En janvier 2000, j'ai reçu un Email d'un journaliste, Philippe Latger, d'une revue de France me demandant de l'aide pour l'écriture d'un article à propos d'un met bien québécois: la POUTINE!  Ma réputation est maintenant faite de par le monde: je suis le roi de la poutine!!!  Après quelques textes envoyés de ma part, voici l'article qu'il a composé et qui est paru dans le numéro de mai-juin 2000 de la revue Québec-Canada Grandeur Nature.

L'exception québécoise: la poutine.
   Vive la poutine libre!
	On ne peut parler de fast-food au
	Québec sans aborder le sujet controversé
	de la Poutine. Reniée par certains, elle
	reste une spécialité incontournable, à
	tel point que le fameux Pool Room de
	Montréal, temple du hot-dog depuis des
	décennies, l'a incluse dans ses menus.
	Phénomène culturel.
 
	David Moisan, autoproclamé roi de la
	Poutine, webmestre du site 
	"Mister Patate" nous livre les origines
	de cette spécialité.
 
	"La poutine a été inventée en banlieue
	de Victoriaville, plus précisément à
	Warwick. Il était coutume dans ce coin
	de pays de servir des frites avec du
	fromage en grain dessus. Il faut dire
	que la plus grande partie de la production
	de fromage en grain au pays se fait dans
	cette région. Un jour, un client se 
	présente dans un restaurant de Warwick et
	demande un de ces fameux mix frites-fromage
	dans un sac brun. Par erreur, le cuisinier
	renverse de la sauce hot-chicken sur le
	tout et s'exclame de sa voix tonitruante:
	"ça fait toute une poutine ça!". 
	Curieux, le client, plutôt que de voir 
	le tout garoché aux poubelles (ç'aurait 
	été ben dommage! La poutine n'aurait jamais
	vu le jour et je ne serais par conséquent
	le roi de rien du tout...) a demandé au
	cuisinier maladroit de lui servir cette
	giblotte...Mmmm...C'était délicieux.
 
	Voyant là une opportunité intéressante
	d'affaires, le propriétaire du resto 
	rajouta ce nouveau met au menu qui devint
	vite populaire dans toute la région.
	Plusieurs kilos de fromage plus tard,
	la poutine scrutait l'estomac de 
	millions de Québécois et Québécoises
	puis, celui des Canadiens avant de
	conquérir le monde. Voilà pour ce qui
	est de la noble histoire de notre 
	trésor national."
	David nous signale aussi que chaque
	année, depuis environ 5 ans, dans cette
	petite contrée de Warwick, se tient le
	Festival du Fromage. À cette occasion,
	on présente un concours du plus grand
	mangeur de poutine. "Je n'ai 
	malheureusement jamais participé à ce
	Hall of Fame des mangeurs de poutine...
	gageons que le gagnant doit manger au
	minimum 4 à 5 livres de poutine!"
	Pour les néophytes, la poutine est
	d'abord une portion de frites
	traditionnelles sur laquelle on
	ajoute du fromage non-affiné à pâte
	ferme (marque Kingsey conseillée par
	les experts). Les variantes résultent
	du choix de la sauce. Ainsi, la poutine
	chinoise est un mélange de poutine
	classique et de poutine italienne. 
	(Quoi? La poutine italienne? Elle est
	servie avec de la sauce à spaghetti bien
	sûr!) On peut remplacer le fromage par
	du poulet, ajouter un steak haché, des
	piments et des champignons qu'on a fait
	revenir à la poêle. Vous vous rendrez
	compte qu'outre le plat, il y a là un
	véritable phénomène de société, qui
	revendique avec humour une spécificité
	québécoise.

      
	"Vive la poutine libre!" Tout est ici
	résumé. Pour plus d'informations,
	David Moisan vous invite à consulter
	son site, et vous encouragera en ces
	termes:
	"Lâchez pas la patate!"
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